Chapitre d’entrée

Chapitre d’entrée
La gare est bondée.
Les vacanciers, touristes, naveteurs et voyageurs en tous genres, s’entassent sous la carcasse de métal, de verre, de froid et de lumière. Journée rouge pour certains, belle pour d’autres.
Les volûtes sont imposantes et promettent un voyage fabuleux, d’un autre temps, différent.
Les trains sont à l’arrêt.
Les bagages, tels des restes de ce qu’on craignait laisser derrière soi, s’empilent, roulent, déboulent, trop lourds parfois pour des bras peu habitués à porter de telles charges.
On attend sur les quais ou plutôt sur le quai car point de mer à l’horizon.
Les lettres du panneau d’affichage s’effeuillent comme un livre qui serait trop vite lu .
La destination apparait, ainsi que le numéro du train.
On peut enfin s’afférer à la recherche de la bonne voiture, de la bonne place.
Les doutes se lisent sur les visages. Fallait-il vraiment partir ?
Les portes s’ouvrent .
Ceux qui restent pensent à ce qu’il convient de dire dans ces moments-là.
Peut-on dire bon voyage ?? Ou cela portera-t-il malheur ??
On s’embrasse une dernière fois, par amour ou par habitude, on n’y pense pas vraiment.
On cherche sa place, de la place, pour les paquets et les valises.
Les chiens restent aux pieds, les enfants sont encore sages.
On espère avoir plus de place, pas de voisin peut-être ou en tous cas, des voisins sympas.
Un dernier choc léger. Nous passons au chapitre premier.